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Conférence “Risques Pays” par François David, Président de la Coface19/04/2010 - 19/04/2010
Conférence “Risques Pays” par François David, Président de la Coface
Plus de soixante cadres et chefs d’entreprises membres de la Chambre de Développement Economique de Monaco, étaient présents le 19 avril 2010 dans le cadre d’une conférence « Risques Pays » organisée par la CDE en collaboration avec la BPCA, Banque Populaire Côte d’Azur, à l’Hôtel Columbus.
Pour la quatrième année consécutive, François David, Président de la Coface, est venu à Monaco présenter l’analyse de la situation économique mondiale en termes de “risques pays”.
La Coface, société d’assurance-crédit et de gestion de créances commerciales est présente sur tous les continents, avec 6 800 collaborateurs et 130 000 clients.
Sa base de données lui assure une visibilité sur près de 50 millions d’entreprises et lui permet une observation et une analyse approfondie de nature micro-économique.
M. François David a rappelé que la crise actuelle correspond au cycle habituel des crises économiques qui se reproduisent tous les 7 ans en moyenne depuis 50 ans.
La crise actuelle est plus importante que les précédentes, faisant chuter le PNB mondial de 6 %, (et jusqu’à 16 % en Russie), comparativement aux précédentes crises qui ont fait chuter le taux de croissance du PNB mondial de 2% au maximum.
M. David a ensuite répertorié quatre “causes” auxquelles on attribue la responsabilité de la crise :
1) les bonus des banquiers
2) les paradis fiscaux
3) les fonds propres des banques
4) les agences de notation
Les deux premières causes, médiatiquement plus intéressantes mais économiquement moins importantes, ont déjà été traitées par le G20 cette année.
Les deux dernières causes, plus compliquées à résoudre, prendront plus de temps.
En particulier, la mise en place d’un système de contrôle des agences de notation, qui doit faire l’objet de discussions lors de la prochaine reunion du G20.
Quelles prévisions pour 2010/2011?
Selon M. David, on peut prévoir un taux de 3% pour la croissance mondiale, variable selon les zones géographiques, allant de 0,7 % pour la zone Euro à 6% pour la zone Asie, avec une prévision à 2% pour les Etats-Unis.
Néanmoins, cette perspective de croissance reste fragile pour deux raisons :
Consécutivement à la fin de cette récession, se créent des risques élevés d’éclatement de “bulles” économiques qui se reconstituent un peu partout dans le monde.
Bulle boursière dans les pays de l’Est, bulle des investissements industriels dans les pays asiatiques (Chine, Corée…), ainsi que le poids de l’endettement des états.
M. David insiste particulièrement sur le problème d’un risque de “défaut d’état”, comme cela s’est produit en Argentine en 2002.
Il cite le Japon comme un des pays les plus endettés au monde ; et plus proche en Europe, en dehors du cas de la Grèce que M. David juge peu préoccupant en raison du faible endettement des entreprises et des particuliers, la situation de l’Espagne lui paraît être préoccupante.
En effet, son modèle économique est principalement construit sur le secteur de l’immobilier et le tourisme.
Un tourisme fortement soumis à la concurrence des pays adriatiques et d’Afrique du nord, tandis que l’immobilier s’est effondré à cause d’une offre largement supérieure à la demande.
Deuxième aspect de cette fragilité de la reprise économique, et non des moindres, selon François David : l’attitude des consommateurs aux Etats-Unis, en particulier des 25-35 ans, garants de la reprise économique. Personne ne peut prévoir s’ils continueront à épargner ou bien à consommer, et donc à donner une réélle impulsion de reprise.
Enfin, dernier sujet d’inquiétude, de nature plus politique, observé par François David : la politique étrangère des Etats-Unis révèle un manque des fermeté de la part de M. Barack Obama, vis-à-vis de certains Etats (la Russie, la Chine et l’Iran) et peut faire craindre un regain de tensions et de conflits lourds de menaces pour l’économie mondiale.
